Marcel Zanini : l’homme au bob qui a fait swinguer la France

Un look, une voix et surtout un sacré talent

Si je vous dis « petit chapeau de pêcheur », lunettes rondes et moustache broussailleuse, vous voyez direct de qui je parle, non ? Marcel Zanini, c’est un peu le grand-père cool que tout le monde aurait aimé avoir à sa table pour écouter des anecdotes de jazz autour d’un bon verre. On l’a souvent résumé à sa chanson culte, celle que tout le monde finit par fredonner en fin de soirée, mais réduire l’homme à un seul tube, ce serait franchement dommage. On parle d’un vrai mordu de musique, un mec qui respirait le jazz par tous les pores de sa peau.

Né à Istanbul en 1923, il débarque à Marseille tout petit. Et c’est là que le virus le chope. Le jazz, à l’époque, c’était la liberté, le truc qui faisait bouger les lignes. Il commence par le saxophone, puis la clarinette devient son extension naturelle. On sentait chez lui cette envie de ne jamais se prendre trop au sérieux, tout en étant d’une précision chirurgicale dès qu’il s’agissait de poser une note. C’est ce mélange de décontraction et de rigueur qui a fait de lui une figure à part dans le paysage français.

Honnêtement, qui d’autre pouvait passer d’un club de jazz enfumé à New York aux plateaux télé les plus populaires sans perdre une once de crédibilité ? C’est ça, la force de Zanini. Il était vrai. Pas de chichis, pas de plan marketing foireux. Juste un musicien qui aimait partager sa passion.

L’aventure américaine : quand la passion l’emporte

Au début des années 50, Marcel se dit qu’il faut aller voir la source. Direction New York. Imaginez le truc : un petit gars de Marseille qui débarque dans la Grosse Pomme en plein âge d’or du bebop. Il y reste quelques années, et là, il ne fait pas que du tourisme. Il écoute, il apprend, il joue. Il croise les géants. Cette période l’a marqué à vie. Quand il revient en France, il n’est plus le même musicien. Il a ce « drive » américain, cette façon de faire groover la clarinette qui n’appartient qu’à lui.

Pourtant, malgré son talent pur, il ne cherche pas forcément la gloire. Il veut juste jouer. Il monte des orchestres, il tourne dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés. C’était l’époque où Paris vibrait au son des cuivres. Mais bon, le destin aime bien faire des blagues, et la sienne est arrivée en 1969.

Dates clés du parcours de Marcel Zanini
Année Événement marquant
1923 Naissance à Istanbul (Turquie)
1954 Départ pour New York pour s’immerger dans le jazz
1969 Sortie du tube « Tu veux ou tu veux pas »
1978 Rôle mémorable dans le film « La Femme flic »
2023 Décès à l’âge de 99 ans

Le raz-de-marée « Tu veux ou tu veux pas »

Alors là, on touche au morceau de bravoure. Vous connaissez l’histoire ? C’est une adaptation d’un titre brésilien de Wilson Simonal, « Nem vem que não tem ». Zanini la reprend avec des paroles en français un peu barrées, pleines d’insouciance. Et là, boum. C’est l’explosion. Le mec devient une star de la pop malgré lui. Le morceau passe en boucle à la radio, il devient l’hymne d’une époque qui a envie de légèreté.

Est-ce que ça l’a dérangé d’être connu pour ça plutôt que pour ses solos de clarinette complexes ? Pas vraiment. Marcel était un épicurien. Si les gens étaient heureux en écoutant sa chanson, il l’était aussi. Mais attention, derrière la rigolade, il continuait de diriger son « Jazz Band » avec une main de maître. Il a réussi ce tour de force d’être à la fois un amuseur public et un soliste respecté par les puristes les plus pointus.

Voici ce qui rendait son style si particulier selon moi :

  • Une sonorité de clarinette boisée et chaleureuse.
  • Un sens de l’improvisation qui privilégiait l’émotion à la technique pure.
  • Cette capacité à faire sourire l’auditeur rien qu’avec une inflexion de note.

Un personnage de cinéma et de télé

Avec une gueule pareille, c’était obligé que le cinéma s’y intéresse. On l’a vu chez Bertrand Tavernier dans « Autour de minuit », un film qui respire le jazz. Il n’avait pas besoin de jouer la comédie, il suffisait qu’il soit là. Sa présence irradiait quelque chose de bienveillant et de profondément humain. On l’a aussi vu dans des comédies, souvent pour jouer des rôles un peu décalés, un peu lunaires.

À la télé, c’était le bon client. Toujours le mot pour rire, jamais d’arrogance. Il incarnait une certaine France, celle des bistrots, de la tchatche et du talent qui ne se vante pas. D’ailleurs, ses instruments de prédilection n’étaient pas choisis au hasard. Chaque instrument racontait une partie de son histoire.

Les instruments fétiches de Marcel
Instrument Rôle dans sa carrière
Clarinette Son premier amour et son instrument signature
Saxophone ténor Utilisé pour les morceaux de jazz plus robustes
Voix Utilisée pour ses succès populaires et l’humour

Pourquoi on l’aime encore aujourd’hui ?

Parce que Zanini, c’est l’anti-star. À une époque où tout est calculé, lui restait imprévisible. Il pouvait partir dans un délire scat en plein milieu d’un morceau sérieux. Il nous rappelait que la musique, c’est d’abord un jeu. On a besoin de ça, non ? Surtout aujourd’hui.

Il a traversé les décennies sans jamais changer de style. Le même bob, les mêmes lunettes. C’est rassurant, d’une certaine manière. Il représentait une forme de fidélité à soi-même. Son fils, Alain, a d’ailleurs repris le flambeau, car chez les Zanini, le rythme, c’est génétique. On ne rigole pas avec le swing dans la famille !

Si vous voulez vous plonger dans son univers, voici quelques pistes :

  • Réécouter l’album « Zanini joue pour les enfants » (c’est frais, c’est génial).
  • Chercher ses sessions live au Petit Journal Montparnasse.
  • Regarder ses interviews chez Pivot ou d’autres grands noms de la télé, c’est du petit lait.

L’héritage d’un géant modeste

Marcel nous a quittés en 2023, à presque 100 ans. Un siècle de musique, de rires et de rencontres. Il a laissé derrière lui une discographie immense, souvent méconnue du grand public qui ne voit que la face émergée de l’iceberg. Mais pour ceux qui creusent un peu, on découvre un arrangeur hors pair et un chef d’orchestre qui savait exactement comment faire sonner un ensemble.

C’est drôle de voir comment son image reste vivante. On voit encore des jeunes musiciens de jazz reprendre ses gimmicks. Il a prouvé que pour durer, il ne fallait pas forcément suivre les modes, mais juste être sincère. Et franchement, c’est une sacrée leçon de vie, vous ne trouvez pas ?

Les éléments qui font qu’on ne l’oubliera pas :

  • Son sens de la dérision absolue, même envers lui-même.
  • Sa contribution au jazz français « traditionnel ».
  • Le fait qu’il ait rendu le jazz accessible à tous, sans distinction de classe ou de culture.

FAQ sur Marcel Zanini

Pourquoi Marcel Zanini portait-il toujours un bob ?

C’était devenu sa marque de fabrique. Au début, c’était juste pratique, mais c’est vite devenu indissociable de son personnage. Sans son bob, c’était plus vraiment Zanini pour le public !

Est-ce qu’il a vraiment vécu à New York ?

Ouais, pendant environ quatre ans dans les années 50. Il y a bossé dur et a pu voir les plus grands jazzmen de l’époque en action. C’est là-bas qu’il a vraiment forgé son oreille.

La chanson « Tu veux ou tu veux pas » est-elle de lui ?

C’est une reprise ! À la base, c’est un morceau brésilien. Mais Marcel l’a tellement bien adaptée à sa sauce qu’on a fini par oublier l’original chez nous.

Il jouait de quels instruments exactement ?

Surtout de la clarinette et du sax ténor. Mais il chantait aussi, enfin, il faisait le show avec sa voix reconnaissable entre mille.

Quel était son lien avec le cinéma ?

Il a tourné dans plusieurs films, souvent dans des seconds rôles de musiciens ou de personnages un peu loufoques. Son naturel crevait l’écran.

Est-ce qu’il a continué à jouer jusqu’à la fin ?

Pratiquement, oui. La musique, c’était son carburant. Même très âgé, il gardait cet œil pétillant dès qu’on parlait de jazz ou qu’il touchait sa clarinette.

Son fils est aussi musicien ?

Tout à fait, Alain Samarati (le vrai nom de famille de Marcel était d’ailleurs plutôt lié à ses origines italiennes/turques) est un excellent guitariste de jazz.

Pour conclure sur ce bon vieux Marcel

En gros, Marcel Zanini, c’était le jazz sans le côté guindé. Il nous a montré qu’on pouvait être un virtuose tout en gardant son âme d’enfant. Il a traversé le siècle avec une légèreté qui force le respect. Que vous aimiez le jazz pur ou juste les bonnes vieilles chansons françaises qui mettent la pêche, il y a forcément un morceau de lui qui vous parlera. Alors, la prochaine fois que vous entendrez ce petit air de clarinette qui sautille, pensez à ce bon vieux Marcel et son bob. C’est ça, la vraie classe : laisser un souvenir joyeux derrière soi.

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